Jaques Schreyer : la force de l'âge

L'art est manifestation d'une aptitude à l'expression. Chacun en conviendra. La dite expression peut être spontanée, voire brute, ou alors accumulée et référencée.
Au-delà des querelles sur les mots, l'art est toujours continuation de quelque chose, ou, autrement dit, moment dans une évolution. Tout fait d'art est dès lors trait d'union : entre ce que nous laissent nos prédécesseurs et les besoins de nos successeurs. Seulement voilà , le voyage d'une rive à l'autre ne va pas de soi.
On y rencontre ceux qui se résignent au cabotage, quelques audacieux capitaines au long cours mais aussi ceux qui vivent de la flibuste. On l'aura compris, s'engager pleinement dans l'art comporte une part de renoncement, une mise en cause des certitudes.
Les faux dilemmes venant au secours des hésitants nous sont familiers : la technique à acquérir s'opposerait-elle à la création ? La culture à assumer empêcherait-elle toute originalité ?
                                                   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Oeuvres

Ce petit préambule est un clin d'œil à ceux qui connaissent Jaques Schreyer, et aiment ce qu'il fait, et se souviennent avoir aimé ce qu'il faisait, pourtant si
différent.
Différent ! En apparence seulement car le même souffle traverse l'œuvre du peintre ami, la même certitude du geste en émane, les mêmes équilibres savants
trouvent résonance en nous, à l'insu de tout regard scrutateur ou analytique.
La peinture ne se regarde pas, elle se reçoit.
Jaques Schreyer sait cela, et a fait sacerdoce de ne savoir que cela. Il œuvre donc au travers des tendances, des moyens et des formats, à la poursuite de ces
associations mystérieuses entre formes et couleurs qui tout à coup nous parlent pour fêter toutes ces années consacrées à arracher le Beaux aux dieux, une
double exposition nous est offerte par ce Prométhée. Nous y trouverons trace des illuminations anciennes et vision d'infinis plein de quiétudes.