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Un défi pour la pédagogie et sa recherche
Envisager
l’entrée anticipée en scolarité obligatoire (en moyenne à 4 ans) est
un projet de société de grande importance. Son application concrète
soulève néanmoins plus de problèmes qu’il n’y paraît. La
polarisation du débat sur les seules infrastructures masque une question
essentielle : celle des contenus de ce nouveau cycle
d’enseignement.
Prenons garde : il n’est pas question d’opérer une simple
extension « vers le bas » de l’école actuelle. En effet il
est simpliste d’imaginer, à partir de la croyance en la linéarité du
développement cognitif de l’enfant, qu’on pourra consacrer ce temps
d’étude à la seule préparation du cycle suivant, donc en proposant des
programmes de pré-écriture, de pré-calcul, etc … La réalité à
prendre en compte est tout autre. L’entrée de l’enfant à l’école
dans sa sixième année ne résulte pas d’un décret, mais de l’avènement
des instruments mentaux nécessaires à l’entrée dans l’écriture et
le calcul. Il va en être de même pour l’enfant de 4 à 6 ans. Il
attend de nous des activités en relation avec un mode de pensée encore
intriqué dans l’action et le concret. Or à ce jour, cette question n’a à l’évidence pas suscitée le débat
qu’elle réclame.
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